Editorial


  • REDEVENIR HUMAINS

    C’est lorsqu’une chose nous manque que l’on s’aperçoit qu’elle nous était précieuse... Du fin fond de notre confinement, de notre lit, derrière notre masque, nous avons sûrement, à un moment, pensé au temps d’avant. Celui où nous pouvions nous réunir, boire, danser, chanter, discuter et parfois même nous disputer ensemble.
    Ces moments qui représentaient le fondement de notre statut d’humain étaient, le temps de quelques semaines, devenus dangereux. Comme ils nous ont manqué !
    Voici venu le temps de réinvestir le Théâtre de l’Esplanade, qui a sonné désespérément vide durant toutes ces semaines. Voici venu le temps de découvrir la saison 2020/2021 alors que la saison précédente n’a pas pu aller à son terme.

    Maintenant que nous sortons de notre confinement comme l’ermite de sa grotte, plissant les yeux à la lumière du dehors, nous pouvons nous jeter avidement sur cette nouvelle saison.
    Après ces semaines d’isolement, de programmes de plateformes de téléchargement, nous allons nous goinfrer d’émotions à vivre ensemble.

    De la poésie loufoque de Gilles Cailleau, de la fraîcheur lunaire de Pierre Richard, de la puissance terrienne d’I Muvrini, de la délicate légèreté de Yael Naim, de la chasseuse de rêves Marcia Barcelos, de tou.te.s ces formidables acteurs.trices, danseur.ses, circassien.nes, nous allons nous faire des ventrées.
    Notre appétit de plaisir de vivre de belles choses ensemble ne fera qu’une bouchée des Shakespeare, Molière, Robin Renucci, Fanny Soriano, des ateliers, des stages, des projections, des débats. Nous nous retrouverons au comptoir où le temps d’un verre, nous nous parlerons, sans bout de tissu entre nous, du spectacle que nous venons de voir.
    Mais ce que l’on pourrait retirer de positif de cette épreuve, c’est que si l’habitude de vivre les différentes saisons de Théâtres en Dracénie qui a pu s’installer année après année, nous savons maintenant que c’est une chance extraordinaire d’en bénéficier en ce magnifique Théâtre de l’Esplanade.

    C’est aussi la volonté de tou.te.s ; partenaires, institutions, et bien sûr publics, chacun.e à son niveau, d’en prendre bien soin.
    C’est l’une des conditions privilégiées de laisser derrière nous cette satanée distanciation sociale et de retrouver la chaleur des liens qui font que nous sommes des êtres humains.

    Voici, Mesdames et Messieurs la première saison du monde d’après : bienvenue dans le programme de la saison 2020/2021.

    Laurent Perez

    Président de Théâtres en Dracénie



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