La chorégraphe barcelonaise Aina Alegre donne à voir dans l’obscurité du plateau les fantômes de la légendaire danseuse flamenca Carmen Amaya. Un hommage à l’icône du genre qui mise sur la puissance de la percussion et la fulgurance de la danse pour faire revivre son énergie et réactiver cette figure du passé.
Avec son solo BLAU inspiré de l’œuvre de Miro, Aina Alegre avait déjà impacté nos rétines par sa performance éclatante, sa résistance au temps et les traces laissées sur son corps. Dans sa dernière création pour sept interprètes, elle explore une autre filiation artistique en convoquant l’une des grandes figures de la danse flamenca, Carmen Amaya, qui s’appropria la technique du zapateado autrefois réservée aux hommes.
Elle en offre une approche sensible faite d’imaginaire et de spéculation autour des notions de rythme, de percussion, de pulsation ou de martèlement, sans jamais l’imiter ou l’enfermer dans une « case ». Corps cambrés aux profils fiers, costumes noirs déconstruits laissant entrevoir des parties de corps dénudées, les danseurs rendent hommage au mythe tout en « détournant les frappes au sol - le fameux zapateo - pour oser une danse de combat ». Et réinventer une dramaturgie.