
texte Jean-Claude Grumberg
mise en scène Sylvie Orcier
Cie Pipo – Patrick Pineau
A l’orée d’un bois, non loin d’un village, le Petit Chaperon rouge part rendre visite à sa grand-mère
et rencontre en chemin le loup. Déguisé en caporal, ce dernier, surnommé Wolf, lui apprend la
triste vérité : elle est Uf et comme pour tous les Ufs, elle n’a aucun droit, ou presque et tout lui est
interdit. Elle n'a pas le droit d'avoir du beurre, une galette ou même un capuchon rouge, c'est interdit
par la loi. Elle doit porter un capuchon jaune tout sale. Et puis elle n'a pas le droit de traverser la
forêt sous les grands arbres majestueux, elle doit emprunter le chemin caillouteux plein de chardons.
Mais tout cela, elle l'accepte, la petite Uf, parce que sa grand-mère a faim et qu'elle l'attend. Au fil
des dialogues, le loup, fier de son autorité, use et abuse de son pouvoir pour contraindre la fillette à lui révéler la cachette de sa grand-mère. Mais la petite lui donne du fil à retordre…
Sous la plume de Jean-Claude Grumberg, dont le père et le grand-père ont disparu dans les
camps de concentration nazis, l’histoire populaire du Petit Chaperon rouge se révèle une véritable
ode à la liberté, une allégorie sur l’intolérance.
La mise en scène de Sylvie Orcier met en évidence l’absurdité du monde de perversité, de
violence, de mensonge dans lequel nous vivons, dans lequel le tragique rejoint souvent le
burlesque. Elle se réfère volontiers à Grimault, Prévert, Tim Burton, Spiegelman et à Pinocchio
ou encore Alice au Pays des Merveilles. « Je souhaite rendre compte des duels de l’enfant face
aux monstres, de ses traumatismes dans l’apprentissage. Je veux montrer la violence faite par
l’adulte qui lui impose une réalité que l’enfant ne veut pas voir. »
Ainsi, le spectacle mélange les genres, à la fois drôle et grave, parfois effrayant comme un conte
pour enfant, parfois burlesque comme une bande dessinée …
Jean-Claude Grumberg est l’un des rares auteurs dramatiques contemporains français à
être étudié au lycée. Il a reçu en 1991 le Grand Prix de l’Académie française, et en 1999
le Grand Prix de la SACD pour l’ensemble de son oeuvre..