texte Valère Novarina d'après “Henri IV” de Shakespeare
mise en scène Claude Buchvald
En 1975, Novarina s’empare librement de l’oeuvre de Shakespeare et réécrit le personnage de Falstafe, ce personnage ridicule, grotesque et grandiose, ami d’Henri IV, que l’on suit tout au long de voyages, complots, scènes d’ivrogneries et guerres. Une fresque tragi-comique haute en couleurs interprétée par quatorze comédiens. Ce spectacle a été créé avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.
En 1975, Valère Novarina s’empare du texte de Shakespeare, Henry IV, et construit son récit autour de Falstaff, ce personnage grotesque et grandiose, ami d’Henry IV.
Il réinvente alors le personnage créé par Shakespeare. Au périple de voyages, de complots, de scènes d’ivrogneries et de guerre, nous suivons ce Falstafe, différencié de l’original par un “e” muet alors que lui est si bavard, si menteur, si buveur, bref, pittoresque et rabelaisien en diable.
Une version jubilatoire, enjouée, drôlissime, dans une mise en scène audacieuse, par l’une des rares metteurs en scène femmes Claude Buchvald, dans une scénographie admirable d’Yves Collet, et portée par quatorze excellents comédiens.
Ici, rien ne se fige et surtout pas le décor qui roule et glisse, comme si les accessoires étaient eux aussi gagnés par l’ivresse. Du palais à la taverne, de la taverne au champ de bataille, l’épopée tragi-comique de Falstafe et de ses compagnons tient du jeu d’enfants, avec en chef de bande, un Gilles Privat, qui tire son personnage vers le géant débonnaire.
Sous la plume de Novarina, grand poète contemporain, Falstafe est en effet un ogre ivre de vie qui devient le seul et vrai héros d’une tragi-comédie aux multiples rebondissements. Mais les fanfaronnades de Falstafe prendront cependant fin. Ce jouisseur cessera un jour d’entraîner son prince à la taverne.
Il sera emmené par lui sur les champs de bataille, là où la mort n’est plus un simulacre.
Car le pitre est toujours châtié en notre monde...