texte
Jean-Luc Lagarce
création collective dirigée par Rodolphe Dana
collectif Les Possédés
Dans un lointain
passé, Hélène, Paul et Pierre se sont aimés.
Plusieurs années après, ils se retrouvent et plongent
dans les souvenirs de ce passé commun, dans leurs secrets, leurs
douleurs, leurs non-dits... Lagarce est l’un des auteurs contemporains
les plus joués actuellement.
Hélène et Paul reviennent voir
Pierre pour le convaincre de vendre la maison qu’ils ont achetée
ensemble voici des années et où ils se sont aimés.
Retour dans le passé, “pour apprendre à finir”,
pour solder les comptes de l’amour, avec l’envie et la peur
à la fois de se retrouver, de se prendre dans les bras, le désir
de comprendre et de pardonner. Mais toujours les doutes étouffent…
On ne guérit d’une douleur qu’à condition
de la vivre pleinement, disait Proust.
Cette phrase s’applique aussi à l’amour. Et chez
Lagarce, ces deux versions résonnent.
Les retrouvailles font les corps avides de désirs, instinctifs
et animal. De ce fait, parler et penser deviennent des actes compliqués.
Le choix des mots se révèle périlleux. On a peur
qu’ils trahissent nos sentiments. On hésite à relancer
les braises d’un feu qui s’éteint ou bien, par un
geste violent, l’étouffer définitivement.
Au fond, chacun souhaite que l’autre fasse le premier pas, baisse
sa garde et qu’à défaut de nous prendre dans ses
bras puisse nous sourire sans arrière-pensées.
Amour de jeunesse, souvenirs lessivés, souvenirs hantés,
histoires de famille(s), secrets de famille(s), règlements de
comptes… C’est tout cela qui passe dans la langue si singulière
de Jean-Luc Lagarce comme un désir de traquer les sentiments
au plus près, au plus juste – plutôt se taire que
se trahir.
Metteur en scène, acteur, auteur, éditeur, Lagarce avait
la passion du théâtre. “Je fais du théâtre
pour ne plus être seul” confiait-il. Sans relâche,
il questionne sur ce que signifie vivre, aimer, partir.
Sept ans après sa disparition, c’est l’un des auteurs
contemporains français les plus prisés. Traduit dans douze
langues, son théâtre de l’intime résonne sur
toutes les scènes.
Créé en 2002, le Collectif
Les Possédés pratique un théâtre à
nu, cinématographique. Il privilégie l’ici et le
maintenant et revendique un théâtre intimiste, sans artifice,
en communion avec le public...