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texte
Romain Weingarten
mise en scène Agnès Régolo
cie Mises en Scène
L’été
se déroule dans un jardin. On y croise un garçon, une fille,
deux chats, une mouche, deux oiseaux et un lézard. Précisons
que les chats ont la parole et ont figure humaine, que Manon la mouche
écrit des poèmes sur des mégots de cigarettes, qu’Honorine
et Edgar sont des noms d’oiseaux et qu’enfin Daisy est un
lézard très peinard.
Alors que le monde qui nous entoure semble défini une fois pour
toutes, le regard de Weingarten contrarie la banalité supposée
des apparences. Pour autant, son jardin n’abrite ni merveilles,
ni féeries, on s’y reconnaît. Il y sera question de
guerres de terrains, de territoires, de la fugacité du sentiment
et de son apprentissage, des ressorts du désir et du jeu face à
la séparation et à l’absence.
Entre Prévert et Lewis Caroll, il s’amuse à apprivoiser
le monde, son mystère et sa mélancolie. Souffle dans cette
pièce un esprit d’enfance, de subversion et de déraisonnable.
Un esprit qui s’oppose à ce qui est machinal, à ce
qui ne se remarque plus, à ce qui est convenu.
Créé en 1966, la pièce L’Eté fut considérée
par le public et la critique comme un événement théâtral
et les représentations ne s'arrêtèrent qu'avec mai
68.
Agnès Régolo et la compagnie Mises en Scène ont choisi
d’accepter cette invitation à dépasser la réalité.
Ils ont souhaité y répondre par une mise en scène
aux propositions déconcertantes, inattendues, une certaine gratuité
du geste, douées du pouvoir de nous surprendre, de nous interroger,
de nous enchanter…
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